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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 18:34

La Page blanche de l’écrivain

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Avez-vous l’impression que les choses bougent ? À part nos candidats au trône présidentiel. Avez-vous le sentiment que le renouveau pointe enfin son nez et que de nouvelles opportunités s’offrent à vous ?

Pour ma part, j’ai l’impression d’être engoncée dans un fauteuil trop mou, qui épouse si bien les formes de mon corps, que je ne peux m’en dégager vraiment. Et d’ailleurs, pourquoi le ferais-je ?

Je suis comme vous, en train d’attendre une once de changement qui ravirait mes sens. Un mouvement, même imperceptible, qui me dirait : « ça y est, tu vas pouvoir décoller et t’envoler vers la nouvelle réalité ». Mais rien n’y fait. Peut-être, est-ce la fin de l’hiver, qui n’en a pas été vraiment un, qui alanguit encore ce possible renouveau. Peut-être suis-je trop impatiente de voir enfin éclore un tantinet cette splendeur que je sais être réelle, derrière ce voile infime qui cache ce merveilleux soleil. Quoi qu'il en soit, je voudrais bien savoir si quelqu’un d’autre que moi, tient son doigt appuyé sur le bouton marche/arrêt.

Car, il est bien évident, j’y suis pour « quelque chose ».

Qui, d’autre que moi-même tient les rennes de ma vie ? Qui d’autre que moi choisit de se réveiller dans une réalité fiction, qui pourrait être nouvelle chaque jour sans que je m’en rende compte ? A moins de me souvenir seulement de ce que je suis en train de faire sur l’instant. Un peu comme si j’étais amnésique et que je laisserai tous mes souvenirs d’hier s’endormir sur le même oreiller que moi.

Mais enfin, quand est-ce que tout ce carnaval va-t-il cesser ? Quand est-ce que je vais agiter ma baguette magique pour repeindre ma réalité en rose bonbon et y planter tous mes rêves, les plus fous comme les plus beaux ?

Voilà donc que je me poserais en victime, juste pour penser que c’est la faute aux autres, ceux qui ne savent pas, ceux qui jouent dans l’autre cour, celle des disciplinés qui ne connaissent pas mon nuage rose ? Celle, enfin, de ceux qui pensent être maîtres du monde, et de pouvoir jouer avec les pantins rebelles que nous sommes.

J’ai donc « tout faux » encore une fois. Je n’ai pas vu que je vis tout de même chaque jour, qu'il soit pénible ou léger, avec la joie dans le cœur. Je respire un air pur divin, dans un décor de verdure que beaucoup envieraient. Des ami(e)s, des proches, sont prêts à bondir à mon secours, me régalent de leurs crêpes, m’écoutent, me conseillent, me bercent, même de loin … En fait, j’ai déjà tout ce dont j’ai besoin. Et c’est juste la part de rêve qui titille mon esprit.

Mais, que me dit-il cet esprit fécond ? Il me rassure sur ma condition, sur ma vie. Il me raconte que je joue très bien mon rôle au milieu de tous les « miens ». Il me laisse rire en me voyant m’enliser vers un futur que je désirerais, oubliant que j’ai à vivre mon présent.

Alors, je me réveille un peu et je regarde par la fenêtre de mon cœur. Et là, je  vois ma propre transformation, ce que d’autres nomment « évolution ». Je regarde le chemin accompli dans mon monde virtuel, et là encore, je ne peux que me réjouir d’avoir aussi bien oublié Qui je suis, pour m’illusionner ainsi.

Le changement ne peut s’effectuer avec mes convictions, avec mon savoir, par rapport à mon acquis, ni avec ce que je vis. Il ne peut appartenir à ce chemin que je continue à prendre, en toute sécurité ou en toute confiance. Car je ne ferais que reproduire ce que je connais ou ce qui me rassure. Cette nouvelle voie doit être libre de tout, vierge, et jamais empruntée. Tout au moins par moi-même. Peu importe si l’on m’a montré un chemin un jour, et que j’en ai fait mon unique voie.

Peu importe, si j’ai suivi un groupe, un gourou, un maître, un mentor, ou le diable en personne. Je n’ai jamais raté quoi que ce soit et tout à toujours été parfait.

Il me reste juste à croire en moi et à créer ce nouveau sans rien emprunter à l’ancien, à mes repères, à mes illusions. Je ne peux transposer mon monde de matière, vers ce rêve de lumière. Je ne peux m’appuyer sur ce que je pense connaître pour l’adapter dans ma nouvelle réalité, car ce serait reproduire un monde de fiction dans la pureté de Tout ce qui est. 

Et si je m’élançais ? Là, tout de suite ? Ce serait si facile de me retrouver dans l’Absolu, dans la plus merveilleuse des réalités : ma propre création en tant qu'Être Divin. Je redeviendrais le Tout en conscience, le Parfait, la Beauté contemplative que je suis dans l’Infini non matérialisé, la Vie a l’état pur …Quelle merveille !!!

Mais … je ne pourrais plus jouer avec les babioles qui occupent tout mon temps, mon bel ami l’ordinateur, faire la dînette à mon conjoint, parler à mes oiseaux du jardin et les nourrir, me régaler des fleurs, humer l’odeur des pins qui attendent l’arrivée des cigales ….Et voilà qu’une nostalgie, qui n’avait rien à faire dans mes rêves d’ailleurs si doux, pointe son nez sans que je ne modifie quoi que ce soit de ma fausse réalité. Que se passe-t-il donc ?

Je comprends, je comprends enfin.

A quoi cela me sert-il d’imaginer ce nouveau monde, cette nouvelle réalité si j’aime encore la mienne à ce point ? Car, qu’ai-je à vouloir passer vers cet autre monde, si je me régale tant encore de toutes les joies, les incertitudes, les folies, les néants que m’offre celui-ci ?

Tout compte fait, il ne me sert pas à grand-chose de battre la semelle, de consulter les oracles, de lire tout ce qui pourrait m’aider à ouvrir l’immense porte qui m’amènera vers l’autre réalité, si j’aime encore mon monde d’illusion.

Je ne me voile pas la face, je ne me terre pas dans mon trou et reste même dans mon fauteuil rose bombons, c’est là ma réalité, c’est celle-là ma voie !

Peut-être que j’ai prévu de la quitter demain ? Mais je n’en ai aucune souvenance. Mais, ce que je sais, c’est que je vais cesser d’attendre des jours « autres », qu’ils soient meilleurs, d’une autre réalité, d’une autre couleur, ou parsemés de fleurs inconnues. Je vais porter toute mon attention sur mon expérience et sur le merveilleux de celle-ci. Je ne me suis pas trompée en venant batifoler ici, sinon je n’aurais jamais eu la chance de vous rencontrer : toi qui lis ces mots et que je porte dans mon cœur.

Alors, merci la vie, cette fausse réalité qui m’apprend chaque jour la patience, celle qui me permet de m’arrêter et de contempler l’immense beauté factice que j’ai créée pour m’amuser. Merci à tous ceux qui sont venus jouer avec moi. Merci à ceux qui m’ont ouvert la porte de leur cœur et à tous ceux qui me l’ont refusée. Merci ! Vous êtes splendides et peut-être que vous avez aussi un fauteuil imaginaire, rose bombons pour les filles et bleu pour les garçons. Mais le principal reste de nous rappeler que nous regardons tous le même poste de télévision. Et même si nous ne voyons pas tous les mêmes chaînes, régalons nous de ce présent qui ne reviendra plus jamais, plus jamais ….

Que c’est beau la Vie ! Demain n’a qu’à bien se tenir …

 

Amoureusement vôtres !

 

 

Par Pascale ARCAN - Publié dans : Se souvenir - Communauté : Communauté des gens heureux
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